vendredi 24 février 2012

Road trip en Bourgogne




On m’a dit : « Tu pars au ski ? ». C’était de saison, j’ai dit non.
« Au soleil alors ! ». L’alternative. J’ai dit non plus. Et je n’ai rien ajouté, pas envie de lever le voile, trop de choses à expliquer ensuite. 

Partie en Bourgogne, voilà tout, non pas pour glisser sur la neige ou sur l’eau, juste rencontrer des lycéens, des apprentis, un peu partout, enfin ceux épargnés par les chutes de neige impromptues. 
Pour parler de mon livre, sélectionné pour le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne, un prix organisé par leur région, le Conseil Régional, par le Centre Régional du Livre, de Bourgogne for ever.



La Bourgogne
Road trip : Dijon, Avallon, Cosne-sur-Loire, Semur-en-Auxois,
Nevers, Decize, Château-Chinon, Dijon


Sur les routes pour aller à leur rencontre, et dire comment j’écris, ni en silence, ni avec de la musique, ni dans un lieu en dehors de tout, dans ma cuisine le plus souvent, avec du bruit, et mes enfants qui lisent par-dessus mon épaule.
Pour raconter depuis quand ça m’est venue, cette vocation. Depuis l’enfance, enfin, l’écriture, raconter des histoires, me raconter des histoires, pour me changer les idées. Et puis les poèmes, les lettres, les journaux intimes. Enfin tout ce qui s’écrit quoi. J’explique aussi mon titre, son histoire.

J’aurais aimé qu’ils me parlent d’eux davantage, moi, je me connais, je sais pourquoi j’ai deux métiers si différents, juste une question d’équilibre. Je voudrais savoir ce qu’ils vont faire, plus tard, ou l’année prochaine, ce qu’ils lisent, ce qu’ils voient au cinéma. Je saurai juste qu’ils ont adoré « Intouchables », et là, je suis 100% d’accord. Il y a des règles du jeu, eux sont là pour poser des questions, et moi pour y répondre, je suis l’auteure. Avec un e à la fin, merci ;-)

Il y a ceux qui parlent, parfois beaucoup, et aussi ceux qui ne disent rien. Rien à faire, je ne peux m’empêcher de me revoir à leur âge, dans ma classe au lycée. Si « Le gouffre du temps » agit sur moi comme sur le narrateur de cette histoire écrite par Georges-Olivier Châteaureynaud, je suis parmi eux, et probablement, je ne dis rien. Au lycée je perds ma voix, pour quelques années, et je sais bien pourquoi. Alors je leur dis, à ceux qui ne parlent pas, « Lancez-vous ! Je ne mange personne ! » Mais au fond je ne suis pas inquiète, je sais qu'ils changeront.
Ce que je ne leur dis pas, c’est que la seule chose qui me fait peur, à moi, c’est le silence. C’est poser une question toute bête et que l’on n’y réponde pas, comme si elle était trop bête justement, ou comme si elle voulait dire autre chose que ce qu’elle dit tout simplement. Mais là, j’arrive sur un terrain où je préfère utiliser la fiction pour écrire ce que j’ai à dire.

Alors voilà, je parle des rencontres, un peu, il y aurait tellement plus à raconter. Le temps toujours compté. Et puis du silence entre les mots, c’est bien.


Avec Jean-Noël Leblanc, et ses élèves.
L'article du journaliste Yassine Azoug, une bonne plume.



Avec les lycéennes du Lycée de l'Espérance de Nevers.




Au-delà des rencontres avec les lycéens, leurs professeur(e)s de Français et leurs responsables de CDI, il y a mon accompagnateur, Michel L., Belge adorable, j’ai de la chance de parcourir les routes de Bourgogne avec lui. Toujours de bonne humeur, drôle, plein de fantaisie, curieux de tout, des gens, des différentes formes artistiques. Ensemble on parcourt des bornes et des bornes, on parle pas mal, de nos vies si différentes, de ce qu’on aime. Pas de problème pour aller voir la fontaine peuplée des sculptures colorées de Niki de Saint-Phalle, surprenantes face à la mairie de Château-Chinon. Ni pour visiter la cathédrale de Nevers, déroutante avec ses vitraux modernes, de Jean-Michel Alberola notamment.
A Nevers justement, on croit bien ne pas trouver de restaurant, le soir, il est tout de même 21h. Finalement nous découvrons au hasard un restaurant Sri Lankais. J’aime les surprises, celle-là est bonne. Nous sommes les seuls clients et l’homme nous parle de son pays, de sa famille restée au loin, de sa femme, de son jeune garçon dont il est si fier. On se dit, le Sri Lanka – Nevers, waouh, et nous restons perplexes.


Vitraux de Jean-Michel Alberola, Cathédrale de Nevers

Avec Marion C., la directrice du CRL de Bourgogne, autre surprise. Il faut dire que tout a été chamboulé par la neige, je devais passer ma première nuit à Cosne-sur-Loire, mais voilà, Dijon dont je ne devais voir que la gare, devient une véritable étape. Marion C. veut m’inviter le soir au restaurant. On y va à pied, lieu charmant, à deux pas de l’hôtel. Seulement voilà, elle et moi avons oublié une chose essentielle, la Saint-Valentin, tout est archi réservé de longue date. Ça nous amuse, finalement la soirée se terminera devant un délicieux plat de pâtes improvisé.

Je songe alors à un collègue de travail à qui je disais il y a peu mon goût pour les vacances improvisées, le moins possible planifiées et lui qui me disait combien je n’optimisais pas ainsi mes vacances ! Certes je n’optimise rien dans ces moments-là, mais à quel point je vis.



Chaque matin, je me lève tôt et je pars marcher dans la ville où je suis, histoire de découvrir, un peu.
Dijon ou Nevers.


Dijon

Musée des Beaux-Arts, Dijon


Palais ducal, Nevers

Nevers



Comme je le répète chaque jour à Michel : étrange pour moi d’être ici. En vacances et pas du tout en vacances. Sans ma famille et loin de chez moi. Impression pour quelques jours de naviguer entre deux eaux. Les journées filent, des questions m’interpellent, je vis pleinement ma deuxième vie, celle si visible et si secrète à la fois, et je me dis, pourvu que cela recommence, avoir de nouveau cette chance.


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