jeudi 3 mai 2012

Pourquoi écrire ?

La première fois que l'on m'a posé cette question, pourquoi t'écris au fait, je n'ai pas su quoi répondre.
Je ne m'étais jamais intéressée au pourquoi de mon écriture, mon interrogation concernait les autres, pourquoi n'écrivaient-ils pas ?
Ecrire est une telle évidence, apparue il y a longtemps, j'étais enfant. Je m'ennuyais dur comme fer, en vacances dans un endroit isolé et pluvieux, sans rien à faire excepté lire. Lorsque je n'ai plus eu de livres, j'ai décidé d'en écrire un, pour le relire ensuite. Ce que je ne savais pas, c'est que l'on ne relit jamais les livres que l'on écrit, c'est impossible, comme le disait Françoise Sagan, cela n'a aucun intérêt, on connaît déjà la fin !
Mais voilà, l'écriture était là, une évidence, mon évidence.
Aujourd'hui le temps me manque, je n'écris plus pour combler le vide, du moins pas ce vide de l'ennui de l'enfance parfois.
On m'a dit peut-être c'est un loisir ? Je me suis insurgée, non écrire n'est pas un loisir, rien à voir avec un tour à vélo. Passerait-on des heures derrière un écran à bousiller sa vue de pilote de chasse, alors que le soleil brille dehors ? Se coucherait-on au milieu de la nuit, mettrait-on son réveil à l'aube alors que l'on est en vacances pour écrire si ce n'était qu'un loisir ?
On m'a dit que c'était sans doute une passion. Une passion oui peut-être, enfin à la réflexion, non. La passion bouleverse, enflamme, se fiche de la raison, mais finalement, tôt ou tard s'émousse. Alors non, écrire demande de la raison, et de la patience. Une patience immense. Pour écrire, le premier jet, mais surtout lire et relire sans cesse, traquer les évidences, les platitudes, tout ce qui achoppe. Puis la patience pour l'édition, je veux dire celle à compte d'éditeur, celle où il faut convaincre de la nécessité de publier votre livre, d'y engager de l'argent.

Alors écrire, ni un loisir, ni une passion, pas vraiment un métier non plus, sauf pour quelques happy few.
Ecrire est tout simplement une nécessité, quelque chose de vital, peut-être même une sorte d'addiction. S'en passer est aussi difficile que ne pas manger ou dormir.

Alors, pourquoi les autres n'écrivent-ils pas ?

Jusqu'où je peux aller

Publication de la nouvelle "Jusqu'où je peux aller", un texte où je parle d'escalade (moi qui aie le vertige ;) ) et de...