jeudi 7 mars 2013

Journée de la femme ? Lisons des écrivaines !

Plutôt que d'écouter la radio ou de regarder la télé et d'entendre toujours les mêmes discours larmoyants, au contraire faisons fi pour une journée de tout ce qui ne change pas ou si peu, et lisons des écrivaines !

Je vais commencer par Simone de Beauvoir. Et pas parce qu'elle a écrit "Le deuxième sexe", ce serait trop réducteur. Même si je recommande sa lecture, même s'il date un peu.
La première fois que j'ai lu le nom de Simone de Beauvoir, il était écrit "compagne de Sartre". No comment.



Je n'ai pas tous ses livres, cependant Simone de Beauvoir occupe bien une étagère de ma bibliothèque. Concernant ses romans, j'ai toujours eu un faible pour "Tous les hommes sont mortels", fable philosophique traversant l'histoire européenne. J'aime beaucoup aussi "Le sang des autres", sur la résistance. N'oublions pas "La femme rompue" qui devrait dissuader toute femme de rester purement et simplement à son foyer ... Simone de Beauvoir a également mené une longue entreprise autobiographique. J'en aime beaucoup les deux premiers tomes "Mémoires d'une jeune fille rangée" qui se termine par sa rencontre avec Sartre et "La force de l'âge", où l'on y découvre sa volonté d'être chêne plutôt que brin d'herbe ... Simone de Beauvoir, en parallèle de ses réflexions intellectuelles, de son engagement, a toujours été du côté de la vie, et fut une grande amoureuse, pour preuve ses lettres à son amant américain, lui aussi écrivain "Lettres à Nelson Algren".


Une autre écrivaine dont l'oeuvre me tient à coeur, Virginia Woolf. Connue aussi pour ses écrits féministes tels que "Une chambre pour soi", ou des romans étranges, avec dans mes préférés "Orlando" où il est question d'un personnage changeant de sexe au fil du temps, personnage qui lui aurait été inspiré par sa maîtresse.



Plus près de nous, parmi les auteures dites féministes, j'aimerais que vous lisiez Nancy Huston, notamment "Instruments des ténèbres" où une double histoire se déroule, une femme de nos jours, une femme du passé, et où la condition de la femme, soumise ou libre, peut se lire là-aussi suivant différents niveaux de lecture ... Une auteure d'une grande intelligence.



Une de mes écrivaines favorites, Marguerite Duras, je l'ai découverte avec "Moderato cantabile", à 17 ans. Auteure dont je lis les livres avec toujours cette même impression de redécouverte. La passion amoureuse souvent à fleur de page, l'étrangeté du monde, de la relation à l'autre, la redite dans l'espoir vain de comprendre. Mon préféré est peut-être aujourd'hui le tant décrié à sa sortie "Hiroshima mon amour".



Dans les auteures à l'imagination fantasque et montrant une grande humanité, j'aimerais vous parler d'Isabel Allende, "La maison aux esprits" superbe roman s'étalant sur trois générations au Chili, ou "Paula", un récit poignant et foisonnant sur l'histoire familiale et sur sa propre vie écrit pour sa fille âgée de 28 ans et tombée dans le coma.



Je raffole aussi du court roman "Mal de pierres" de la Sarde Milena Agus, merveilleusement écrit, sensible, drôle, tragique, décrivant très finement une certaine vie intérieure féminine.



Une auteure dont on parle beaucoup depuis "Rien ne s'oppose à la nuit", Delphine de Vigan et dont on peut lire tous les livres sans la moindre hésitation, du style, la vie à fleur de papier imprimé, des sujets de société, de l'émotion. 



Comme j'aime les nouvelles, je n'oublierai pas Annie Saumont, à l'oeuvre immense, alors pourquoi ne pas lire "Le tapis du salon", ou bien le beau livre "Gammes". Annie Saumont exclusivement nouvelliste, autrefois traductrice du merveilleux "Attrape coeur" de Salinger, écrit sur tous les tons, et chaque fois nous entraîne en quelques mots au milieu de personnages qui dérapent. Histoires sombres ou cocasses, tendres ou nostalgiques ...


Je parlerai aussi d'Isabelle Minière et de "Mon amoureux et moi", recueil de notre temps maniant humour décalé, tendresse, humanité, et dérision.



Parmi les américaines, il faudrait songer à Laurie Colwin pour "Drôles d'oiseaux", drôles de nouvelles aussi, à Joyce Carol Oates "Femelles", textes sombres, et surtout lire Kathrine Kressmann Taylor et son très beau "Ainsi rêvent les femmes" sur l'exaltation de l'adolescence, les amours empêchées, les renoncements, le tout avec une très belle écriture, sensible, fine.





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