lundi 1 avril 2013

Le peintre d'éventail



"Le peintre d'éventail", dernier roman de l'écrivain Hubert Haddad est poétique, visuel, sensible.
Pas si étonnant pour un auteur tour à tour poète ou peintre.

Comme l'indique le bandeau des éditions Zulma, l'histoire se déroule au Japon, plus précisément au nord-est de l'île de Honshu, côté océan Pacifique. Là-bas, dans la montagne, on y trouve la pension de Dame Hison, ancienne prostituée, femme de tête, et femme de coeur aussi.
La pension est isolée, paisible, elle abrite quelques pensionnaires en errance, ainsi qu'un vieux jardinier, Osaki, artiste modeste et merveilleux, tant pour agencer arbustes et fleurs que pour peindre délicatement ses éventails.
Chez Dame Hison règne un Japon traditionnel intemporel, c'est ce qui séduit Matabei, lui qui s'est enfui de Kyoto après que sa vie a basculé. De la fureur du monde il passe au calme des journées dans le jardin de la pension, puis à apprendre auprès d'Osaki, l'art du jardinage, l'art de la peinture, deux arts qui se répondent l'un l'autre.
Il ne faudra pourtant pas se fier au calme apparent du jardin, des montagnes, des âmes, le Japon reste soumis aux éléments, les humains à leur nature.
"Le peintre d'éventail" nous émeut : personnages attachants, histoire prenante, magie du décor.
Et encore et toujours la belle écriture de l'auteur Hubert Haddad. De celles qui vous emportent, au bout du monde, au bout de l'humain.



Est-on jamais à la hauteur des événements ?


Peindre un éventail, n'était-ce pas ramener sagement l'art à du vent ?


Il y a des choses qui se font tout naturellement mais qui n'ont pas de sens.
L'amour par exemple.


Matabei savait maintenant que les vrais maîtres vivent et meurent ignorés et qu'on ne pouvait espérer plus belle équité en ce monde.


Quand la tempête gronde et que la solitude reste entière, comment les cueillir, 
les fleurs du silence ?


Comme les éventails d'Osaki, tous ses souvenirs attendaient l'instant d'être dépliés d'un seul geste, dans le jardin des retrouvailles.




Le roman s'accompagne d'un recueil de poèmes "Les Haïkus du peintre d'éventail", poèmes que l'on peut déguster par petites bouchées, afin de prolonger la magie du voyage dans le Sublime Japon, le Japon tel que nous le raconte l'artiste Hubert Haddad.


L'écho de la neige
c'est le souffle de l'aimée
sur ma tempe nue


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