dimanche 3 avril 2016

Homonymes Sophie Stern - Et rapport à l'écriture, encore et toujours


Pour la première fois j'ai publié en mars 2006 sous mon nom, Sophie Stern, une nouvelle dans la revue L'Encrier renversé, elle s'appelait "Un passe-temps".



Pour mon recueil de nouvelles "Femmes tortues, hommes crocodiles" publié en 2011, j'ai songé un temps le publier sous un pseudonyme, ayant le souci de séparer mes deux vies, l'une dans l'industrie l'autre dans l'écriture. J'ai finalement choisi de le conserver considérant n'être qu'une seule et même personne, certes avec différentes facettes.



A l'automne 2012, plusieurs amis m'ont écrit pensant que je venais de publier un nouveau livre, avertis par un site de vente de livres en ligne que Sophie Stern venait de sortir un nouveau roman !


J'ai rencontré Hubert Haddad un samedi dans un café parisien pour préparer sa venue à Nouvelles en musique, il a sorti de son sac le livre de "l'autre" Sophie Stern qu'il venait de recevoir le matin même ! Surprenante coïncidence.


Lorsque d'aucuns découvrent que j'écris, après avoir farfouillé sur Internet, ils me disent que je publie un livre par an, j'aimerais bien !! Je ne suis pas ce rythme, un jour peut-être, si je travaille suffisamment pour.


Il faut vivre ce que l'on aime
En payant le prix qui convient
               Jean Ferrat, Chanter



(Chanson à transposer et méditer pour tous ceux qui "rêvent" de publier. L'adage populaire "On n'a rien sans rien" résume moins poétiquement la même idée.)



J'ai une autre anecdote, un après-midi en arrivant dans un lycée de Monaco où j'étais invitée à rencontrer des élèves pour parler d'écriture, j'ai découvert sur le tableau d'affichage que Sophie Stern était l'invitée du jour avec une photo couleur de l'américaine Sophie Stern, songwriter de son état !


Amusant. Vous me direz, si je souhaitais brouiller les pistes, que rêver de mieux ?!

Mais non, quelque chose d'inscrit très profondément en moi fait que j'aime rétablir la vérité, c'est une question de principes, de justesse. Et puis mes livres sont mes livres, les livres des autres sont leurs livres, je ne les ai pas lus d'ailleurs, je n'ai pas d'avis.


Ce que j'aime avec l'écriture, la publication, c'est son côté entièrement personnel. (Bien entendu je ne parle pas des livres "écrits" par des personnalités ou People). Une histoire, un livre, c'est quelque chose qui vient de moi, entièrement, intégralement, dont je porte l'entière responsabilité, que ce soit réussi ou complètement raté. Avant ça n'existait pas, et puis des pensées ont tourné, tourné dans ma tête, et une histoire est née sous mes doigts tapant sur le clavier.


A moins de relater les grandes épopées Napoléoniennes, l'écriture est devenue plus intimiste. Sans aller jusqu'à l'autofiction, beaucoup de romans, nouvelles ou poèmes, s'ils ne racontent pas la vie de leurs auteurs montrent leur manière d'aborder le monde, leur vie intérieure, en ce sens ils sont extrêmement personnels. C'est ce qui donne ce caractère unique à un livre, et je pourrais dire de même d'un tableau, d'une photographie, d'un film, d'une musique, ..., voire d'un meuble d'ébéniste tant le travail d'un artiste est proche de celui de l'artisan, c'est l'aspérité non gommée en usine qui donne toute l'authenticité à l'objet, sa beauté.



La Sophie Stern que je suis a publié deux livres, un recueil de nouvelles "Femmes tortues, hommes crocodiles" en 2011, et un roman "Silencieux" en 2014. J'ai également copiloté avec Monique Le Maner un numéro de Moebius, revue québécoise sur le thème du "Dilemme". Enfin j'ai publié des nouvelles ici ou là, ces publications vont reprendre à l'automne 2016. Je détaille l'ensemble dans la page "Publications" de ce site.
Aujourd'hui j'ai remis un recueil de nouvelles sur le métier, laissé en jachères ces trois dernières années pour des raisons que nous qualifierons de personnelles, avec une reprise  journalière de l'écriture, entre 5 minutes et 1 heure, suivant le temps, la force disponibles. A suivre ...



Un jour j'ai rencontré l'auteure Régine Deforges dans un avion, j'écrivais depuis 10 ans déjà sans n'avoir encore rien publié. Elle m'avait donné trois conseils : écrire beaucoup, lire beaucoup, ne pas se préoccuper des autres. C'était très simple, ce sont mes 3 lignes directrices.


Dans le domaine artistique, il faut travailler dur et suivre son instinct, c'est le meilleur moyen d'aboutir à une oeuvre véritablement personnelle, ici Copier n'est pas gagner (copyright Sophie Stern). Humour ...



Je me suis bien éloignée de mon sujet initial, mes homonymes, mais c'est ce qui me plait tant avec l'écriture, pouvoir passer d'une idée à l'autre par un glissement progressif et ne pas se contenter de l'ennuyeux A puis B puis C.


La linéarité est le contraire de la créativité.
Peut-on dans le monde d'aujourd'hui continuer à avancer sans être créatif ?

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Publication de la nouvelle "Jusqu'où je peux aller", un texte où je parle d'escalade (moi qui aie le vertige ;) ) et de...