mercredi 21 février 2018

Monaco




Cette fois-ci, je n'ai pas fait le coup de cacher où je m'éclipsais une semaine.
En plein hiver, en dehors des vacances scolaires, seule.
J'ai tout simplement dit que je partais à Monaco, invitée par le Lycée Albert 1er, que j'allais rencontrer des élèves de seconde, qui avaient lu mes nouvelles, un peu beaucoup ...
Que je répondrais à leurs questions. Que je leur proposerais aussi des axes d'écriture.
Juste de quoi mettre la machine en marche.


Ai-je perdu le goût des devinettes ?
J'ai plutôt décidé d'assumer mes deux facettes, scientifique et littéraire.
Les deux me sont nécessaires, l'une nourrit l'autre. Et vice-versa.
Désormais je ne cache plus l'écriture comme une bizarrerie honteuse.
Il m'a fallu du temps. Quelques personnes m'y ont poussée.
"Dis que t'es auteure ingénieure". "Fusionne tes deux profils LinkedIn".
Et puis j'ai sauté le pas. Et ce n'était pas si difficile.


Alors Monaco, en hiver, quelques jours, un lycée, celui sur le rocher, un autre dans la ville, des salles de classe, des professeurs de lettres, des élèves, des questions, des réponses, des propositions d'écriture, des textes bruts, une ligne ou une page, la mer à quelques mètres, le musée océanographique en face, l'Italie toute proche, Menton un après-midi, le musée Jean Cocteau, tout au bord de l'eau, découverte de La voix humaine, un peu vide Monaco en hiver, le port Hercule, les brasseries, les rues qui serpentent, les bus, les ascenseurs, des constructions partout, des séances qui se répètent, chaque fois différemment, des questions reviennent, pourquoi Femmes tortues hommes crocodiles, pourquoi ce titre, pourquoi mes textes sont tristes, depuis quand j'écris, est-ce que j'ai un autre métier, quelles études, quel parcours, combien de temps pour écrire un livre, pourquoi dans mes histoires c'est plus difficile pour les femmes, est-ce que je crois que tous les hommes sont semblables à ceux de mes nouvelles, quels conseils je donnerais à un jeune écrivain, est-ce que c'est difficile d'être publié, quel est le lien avec ma vie, est-ce que je raconte ma vie, pourquoi je dis que je ne raconte pas ma vie si pour chaque texte je peux citer une anecdote ou une phrase entendue, pourquoi j'écris, quand j'écris, dans quelles conditions, est-ce que j'aimerais que mes textes soient joués au théâtre, au cinéma, quels sont mes auteurs préférés, quel est mon texte préféré, est-ce que j'ai écrit d'autres textes, d'autres livres, pourquoi je viens dans des salles de classe, ... et leurs textes à eux, courts longs, les je ne sais pas quoi écrire, je n'ai pas d'idées, je ne veux pas lire, la pudeur de l'adolescence, et sa violence, les conseils, mes conseils, ou plutôt mes suggestions, suivant ma sensibilité littéraire, qui m'est propre, personnelle, pas de jugement de valeur, surtout parler de la forme, et du fond parfois, supprimer le gras, les conjonctions, attention au temps du texte, aux conjugaisons, amplifier, ramasser, travailler, retravailler, à la maison, prendre le temps, plus de temps, maintenant que la machine est en route, donner beaucoup, tout, ce qu'on a dans les tripes, se sentir épuisée après chaque séance, malgré tout aimer ça, transmettre quelque chose, peut-être, essayer, tenter, la fin d'une semaine, quitter Monaco, l'aéroport de Nice, prendre un thé, lire et écrire, écrire et lire, ne pas manquer son vol, vol cols blancs, sortir ses lectures, Big data et Japon, revenir vide et pleine, quelques chocolats, des photos de la mer, des souvenirs, des visages, des questions, et l'envie d'écrire, de dire, toujours plus forte.






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