mercredi 23 mai 2018

Mémoire de fille, lecture



J'ai acheté ce livre par hasard. Sur le nom de l'auteure, Annie Ernaux.
D'elle j'avais lu Passion simple, il y a quelques années.
La démarche autobiographique m'avait intéressée.
En tant qu'auteure.
En tant que lectrice aussi.
Comment dissocier les deux ? Lire écrire. Ecrire lire.
La démarche m'avait intéressée, je la sais ô combien difficile, j'y ai d'ailleurs renoncé.
Ce qui pose problème n'est pas d'en dire trop ainsi qu'on pourrait le croire. Mais trop peu.
Si on arrange la réalité, si on passe sous silence des pensées, des sentiments, des actions, de soi, des autres, alors, ce n'est plus véritablement autobiographique, on se ment, on ment.
D'un autre côté, écrire sans filtre, c'est compliqué.
Se mettre à nu sans le voile de la fiction, c'est un peu comme se promener sans vêtement.
Indécent, inconfortable. N'est pas impudique qui veut.
C'est compliqué pour soi, et ceux que l'on emporte dans son sillage.
C'est une responsabilité.
Être auteur ou auteure, c'est toujours assumer ses responsabilités.
Sa vision du monde, sa compréhension des autres, sa propre imperfection.
L'autobiographie, quand elle ne se pare pas de fioriture, telle l'écriture d'Annie Ernaux dans Mémoire de fille, demande une véritable humilité.
Ce qui m'a semblé le plus courageux, c'est le quasi manque de parti pris de la part de l'auteure.
Si ce n'est la rapide allusion au Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.
A distance, Annie Ernaux pourrait juger tellement durement les autres, plutôt que la jeune provinciale complexée, élevée chez les bonnes soeurs, avide de vivre, qu'elle fut.
Un tel récit permet d'atteindre une vérité au-delà des conventions.
Conventions de l'écriture, sociales.
Ca touche à la profondeur de l'Être. Sa solarité. Ses ombres.

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